Personnalités

Même si la commune de Mazières n'est ni très grande, ni très connue, elle a donné naissance et accueilli plusieurs personnalités.

Léopold Goirand (1845 – 1926)

Homme politique, né à Melle le 7 janvier 1845.

Candidat républicain aux élections législatives il est élu député des Deux-Sèvres de 1887 à 1898. Le 9 juillet 1894, il dépose une proposition de loi ayant pour objet d'assurer à la femme mariée la libre disposition des fruits de son travail.

De 1906 à 1920 il est élu Sénateur des Deux-Sèvres.

Battu aux élections de 1920, il partagera alors sa vie entre le 1er arrondissement de Paris, dont il est maire depuis 1907, et sa propriété du Petit Chêne à Mazières-en-Gâtine, achetée en 1890, jusqu'à sa mort, en 1926 à Paris.

Il est par ailleurs le fondateur de La Gazette du Palais et publia de nombreuses œuvres à caractère juridique.

René Verriet de Litardière (1888 - 1957)
René Verriet de Litardière
R. Verriet de Litardière

Botaniste reconnu au niveau international, il est né à Mazières-en-Gâtine le 24 juin 1888.

Il soutient sa thèse de doctorat ès sciences à Paris le 10 décembre 1921 et accède, en 1931, au poste de directeur de l’Institut de botanique de la faculté des sciences de Grenoble (1931-1954). Il est, à partir de 1946, membre correspondant de l’Institut.

Son œuvre est considérable et, par ailleurs, il a constitué un herbier monumental, collection privée la plus volumineuse d’Europe (30 000 planches, deux tonnes et demi de matériels…). Il est aujourd'hui au « Conservatoire et jardin botanique » de la ville de Genève afin qu’il puisse être accessible à tous les spécialistes.

Roger Thabault (1895-1979)
Roger Thabault
R. Thabault

Né le 20 mai 1895 et après un parcours scolaire qui l’a conduit de l’Ecole de garçons de Mazières-en-Gâtine à l'École normale supérieure de Saint-Cloud, il enseigne à l'école normale de Parthenay, devient en 1923 inspecteur primaire à Montluçon puis est nommé directeur de l'Enseignement primaire européen et israélite au Maroc en 1929.

À la Libération, il est nommé inspecteur d'académie à Bordeaux, puis occupe au Maroc le poste de directeur général de l'Enseignement de 1945 à 1955. De retour en France, il remplit au ministère de l'Éducation nationale jusqu'à sa retraite en 1965 les fonctions d'inspecteur général.

Il est l'auteur de plusieurs manuels scolaires, de nombreux rapports et études, mais son œuvre la plus remarquable est une monographie sur Mazières-en-Gâtine, " Mon Village : ses hommes, ses routes, son école ". Cet ouvrage a immédiatement été considéré par les historiens comme un modèle du genre et demeure aujourd'hui encore un ouvrage de référence et d'études.

Aujourd'hui, le collège de Mazières-en-Gâtine porte son nom.

Serge Clément

Artiste, né à Mazières-en-Gâtine le 19 mai 1933 Serge Clement rentrera à l’École des Arts Appliqués à Paris.

Il effectue sa première exposition « en solo » en 1960. Depuis il a eu d’innombrables exposi-tions à Paris, en Italie et aux Etats Unis.
Entre 1960 et 1970, Serge Clement a remporté à plusieurs reprises le prix de « la Ville de Paris ».

Aujourd'hui, établi aux États-Unis, il expose régulièrement avec sa compagne Maria Kamena dans les galeries New-Yorkaises.

Site de référence : https://www.clementkamena.com/

Charles Eusèbe de Tusseau (1807 – 1863)

Propriétaire du château du Petit Chêne en 1832, il y installa la 1ère ferme école du département des Deux-Sèvres. Dès la première année, 17 élèves de 16 à 18 ans y sont accueillis sous sa direction.

L'enseignement pratique de qualité qui y est distribué contribue au progrès de l'agriculture en Gâtine. L'établissement fermera en 1864.

Bernard de Litardière (1932-2023)
Bernard de Litardière
B. de Litardière

Monsieur Bernard Verriet de Litardière a marqué par sa gentillesse, son dévouement, sa discrétion, sa simplicité et ses nombreuses qualités humaines toute une génération de la commune de Mazières en Gâtine.

Né en 1932 à Grenoble c’était un Mazièrois de cœur, car son grand-père Charles Verriet de Litardière fut médecin dans la commune, il avait épousé Jenny, la fille du vétérinaire local, Monsieur Alexandre Pouzet. Cette famille Pouzet était influente et possédait de nombreuses propriétés sur la commune ainsi que sur Saint Marc la Lande. Julien Pouzet était aussi le maire de Mazières. Il habitait la Gagnerie, une grande maison qui domine le bourg, et c’est en cet endroit que Bernard vint habiter avec sa mère. Son père René de Litardière enseignait à la faculté de Grenoble la botanique et il était parmi les chercheurs les plus réputés d’Europe et dans le monde.

« Monsieur Bernard » comme l’appelait sa maman fit des études en esthétique industrielle (design aujourd’hui). Il revenait pendant les vacances à Mazières. C’était toute une expédition, surtout pendant la guerre 39-45. Il fallait plus d’une journée pour venir avec les bagages par le train, traverser la France d’est en ouest et, de plus, venir de zone libre en zone occupée. La famille débarquait à la gare de Mazières-Verruyes et faisait appel au garagiste Monsieur Tarcelin pour les emmener à la Gagnerie que le régisseur M. Fleury et son épouse avaient aérée, dépoussiérée.

Son talent artistique prédominait déjà, à l’âge de 10 ans, en 1942. Un tableau représentant la petite maison à Bel-air, actuellement en ruine, fut peint par notre jeune Bernard.

Après son service militaire, comme tout jeune de son époque, et avec une période en Algérie dans les Aurès, il passa quelques années à la faculté de Bordeaux comme professeur d’architecture d’intérieur. Il s’est installé à Mazières lorsqu’il fut nommé professeur en art et technologie à l‘école des Beaux-Arts de Poitiers en 1967 où il enseignera jusqu’à sa retraite en 1991.

Durant ces années, l’informatique fit son apparition et est devenue très vite sa passion. En tant que professeur en technologie, il a introduit la 3D à Poitiers et l’a fait découvrir à ses élèves. Il a travaillé pour FR3 en créant des génériques pour la télévision. Il fut très longtemps en liaison avec de grandes firmes informatiques dont il testait les logiciels. A 80 ans, il suivait trois fois par an des stages à Paris afin de ne pas perdre le fil de cette évolution révolutionnaire.

En 1971 lors des élections municipales, il se retrouve élu conseiller, alors qu’il ne s’est présenté sur aucune des deux listes. Lors de la mise en place du conseil, le 3 avril 1971, il est élu maire au premier tour de scrutin (12 voix sur 13). Après l’élection des adjoints, il annonce sa démission de maire. Il privilégiait son travail et ne pouvait exercer la fonction de maire correctement. Il résidait avec sa mère à la Gagnerie, aussi faisait-il le trajet aller- retour Mazières – Poitiers chaque jour. Les conseillers décident alors de revoter et vont élire Jean Cantet comme maire. Mais Bernard de Litardière et le nouveau conseil n’avaient pas prévu la décision préfectorale : le jugement du tribunal administratif de Poitiers entérine la démission de M. de Litardière, le 12 mai 1971. Donc du 3 avril au 12 mai Bernard de Litardière était toujours le maire de Mazières. C’est donc le 5 juin que Jean Cantet est définitivement élu maire. Notre nouveau conseiller siégera pendant 4 mandats de 1971 à 1995. A sa retraite il devient adjoint et s’occupe tout particulièrement des écoles. Il est Délégué Départemental de l’Education Nationale depuis 1964, près de 60 ans de bons et loyaux services pour la défense de l’école publique. Il a protesté avec véhémence contre l’annonce de la fermeture du collège en janvier 2023, lui qui fut un ardent militant pour son ouverture en 1965-1966. Généreux pédagogue, il aimait partager son savoir auprès des élus locaux et des écoles, réalisant de petits films sur chacune des 12 communes du canton. Pour le 14 juillet, il illuminait le château de la Ménardière en musique et images. Il faisait partie du Comité d’animation de la commune et on lui doit de nombreuses expositions, la dernière sur la guerre 1914-1918, avec les travaux des enfants. Il a aussi mené un projet de maquette en 3D pour le réaménagement du bourg. Jusqu'à la fin de sa vie il a toujours eu des projets pour les écoles et le collège. Bernard de Litardière avait des idées plein la tête. Pour les DDEN, il a travaillé sur la réalisation du générique du centième Congrès national qui s’est tenu à Troyes en 2014. C’était un travailleur infatigable. Combien de fois nous a-t-il dit : « Je me suis levé à 3 heures » ou bien « Je me suis presque endormi devant l’ordinateur, il était au moins 1 heure ou 2 heures du matin ».

C’était un parfait bricoleur : menuiserie, plomberie, rien ne lui faisait peur. Il fut un précurseur pour la pose de panneaux solaires, travail qu’il fit tout seul sur sa propre maison. Son tracteur et sa tondeuse étaient équipés d’un moteur qui fonctionnait au gaz butane. Il avait une passion pour la voiture de son grand-père, une C4 qu’il bichonnait et qui fit une grande sortie lors de l’inauguration de la déviation de Mazières en 2008. Il fut un des précurseurs de la voiture électrique avec sa Zoé.

Sa chute, dans les escaliers du Conseil général, devait petit à petit l’affaiblir. Mais il se déplaçait avec son déambulateur. Il ne laissait rien paraître de son handicap. Pourtant la fin de l’année 2022, fut pour lui assez difficile sur le plan de la santé. Mais il ne se plaignait pas, il disait même : « A l’hôpital c’est vraiment l’hôtel et le personnel est formidable. » Il espérait bien revenir chez lui, mais ce ne fut pas possible, il fut admis à l’EHPAD de La Ménardière. Son état se dégrada assez rapidement. Plus de nouvelles de Bernard de Litardière, c’était mauvais signe. Il décéda le samedi 25 mars au service des soins intensifs de l’hôpital de Niort. Son souvenir restera toujours à Mazières puisque la salle polyvalente du collège porte son nom.

Cette année, nous n’avons pas de poisson d'avril dans la rubrique « infos ou Infaux » de la Cracotte N°82. Depuis le N°4 paru en avril 2002, Bernard de Litardière se régalait chaque année à imaginer une bonne blague qu’il soumettait à l’équipe de rédaction du bulletin municipal. Chacun prenait plaisir à ajouter des détails amusants pour étoffer l’histoire lors d’une séance qui générait des crises de fou rire mémorables. Merci à Bernard qui alimentait la Cracotte en reportages, en photos … et en photomontages surprenants pour le numéro d’avril. Nous regrettons tous sa gentillesse et sa bonne humeur.